Posted in: Economie- jan 01, 2013 Commentaires fermés

Économie 2012: Rétrospective

—————————————————————————————————————————————————————————————————————

En 2012, l’année aura été marquée par la macroéconomie : un désendettement généralisé des acteurs privés et publics, un rôle très actif des banques centrales et l’émergence d’un découplage économique entre les pays développés subissant un ralentissement économique structurel et des pays émergents dont la croissance résiste malgré tout.

La croissance globale s’établit à 2,9%, suivant une tendance baissière (3,7% en 2011) mais le niveau reste proche du taux moyen de croissance de longue durée : 3,3% (1937 à 2007).

En France : En 2012, la France a connu: une croissance nulle, une inflation de 2,2%, une dette publique à 90,2% du PIB et un déficit public à 4,8%. Comme on peut le voir les statistiques économiques ne sont pas réjouissantes. Ce sont les impôts qui ont particulièrement impacté les finances des français en 2012 : des mesures fiscales ayant été votées avant et après l’élection. Cet ensemble de mesures a généré une augmentation des prélèvements obligatoires de 10,2% (après une hausse de 6,3% en 2011) représentant maintenant un total de 44,9% du PIB.

En Zone € : La zone € a vu la situation économique des pays du sud se dégrader. Des politiques d’austérité ont été mises en place, freinant d’autant plus une consommation et des investissements en berne. Ainsi, la croissance économique ressort cette année en récession de – 0,5% sur l’ensemble de la zone.

La Banque Centrale Européenne aura pour sa part joué son rôle et son président, Mario Draghi, semble avoir réussi à éviter le pire tout au long de l’année (baisse des taux directeurs, refinancement bancaire de long terme, soutien au marché obligataire) et de ce fait redonné quelque peu de répit aux marchés et à l’union monétaire.

L’année 2012 a vu la naissance du « Mécanisme Européen de Stabilité », un dispositif européen de gestion des crises financières au sein de la zone euro. Son objectif, conjointement avec d’autres organismes, est de venir en aide auprès des États membres en faisant la demande. En effet la crise de la dette publique en zone euro a marqué, tout comme en 2011, la conjoncture économique mondiale en 2012.

Aux Etats-Unis : Sur l’année, la croissance américaine s’établit à 2,2%, le taux d’inflation à 2%, le taux de chômage avoisine 8% de la population active quant au déficit public il représente plus de 100% du PIB et la dette publique 102 % du PIB.

Le développement du gaz et du pétrole de schiste semble avoir fait un pas important cette année, laissant présager une certaine indépendance énergétique dans les années à venir.

Dans un contexte de marché du travail difficile, l’amorce d’un désendettement croissant des ménages a permis au marché immobilier de se stabiliser générant un tangible maintien de la consommation. De plus, les entreprises, par manque de perspectives économiques, détiennent d’importants niveaux de trésorerie. Ces différents facteurs fondent donc un espoir de reprise du secteur privé pour les années à venir.

Cependant un risque non négligeable pèse sur la puissance mondiale américaine : un plafond de la dette publique est fixé politiquement. Avec une dette de 16 309 milliards de dollars ce plafond est bientôt atteint et les politiques se doivent de faire le nécessaire concernant ce « fiscal Cliff ». A défaut, les Etats-Unis ne pourront plus emprunter sur les marchés, des hausses d’impôts globales seront mises en place tout comme d’importantes coupes dans les budgets (et principalement sociaux). Des mesures ayant, par nature, d’importantes conséquences sur la consommation des ménages et l’investissement des entreprises. Cette « falaise fiscale » va certainement être évitée, d’une manière (relèvement du plafond) ou d’une autre (maintien du déficit au niveau actuel), mais il reste certain que les leviers de croissance liés au déficit risquent de s’épuiser.

On relèvera également en novembre 2012 la réélection du président démocrate Barack Obama face au candidat Mitt Romney. Un président qui devra se contenter d’une Chambre de représentants républicains et d’une faible majorité démocrate au sénat.

Les pays émergents : une croissance qui persiste malgré le ralentissement économique mondial.

En Chine : la croissance s’établit à 7,7% et certains indicateurs sont bien orientés. Mais l’économie mondiale ne devra plus compter sur une croissance à deux chiffres pour tirer vers le haut l’activité mondiale. Le modèle économique chinois atteint certaines limites et semble se diriger maintenant vers la demande intérieure et l’innovation afin d’être moins dépendant d’une demande extérieure de plus en plus volatile.

En Inde : l’inflation reste forte (+7% quand en Chine elle s’établit à environs 3%), la croissance a nettement ralenti à 5% contre 7,5% en 2011. Les acteurs économiques saluent diverses réformes en cours afin de « booster le croissance » comme l’ouverture des marchés de la distribution, de la finance, de l’assurance aux pays étrangers. Mais l’Inde reste fortement exposée à des problèmes de gouvernance et de corruption dont il faut qu’elle s’occupe au plus vite.

Au Brésil : loin des taux de croissance des pays en développement observés, la croissance brésilienne s’établit à 1% pour 2012 (2,7% en 2011 et 7,5% en 2010). Un déséquilibre persiste entre la consommation, bien présente, et les investissements qui restent faibles : la consommation interne est donc restée dynamique, avec un taux de chômage très faible (4,9%), des salaires en hausse et une dynamique de crédit en place. A contrario les investissements ne représentent que  18,7% du PIB au 4ième trimestre et la formation brute de capital fixe (capital destiné aux capacités de production) a reculé de 3,9%.

En Russie : Sur l’ensemble de l’année 2012, la croissance russe est de 3,4% contre 4,5% en 2011. Le pays et son économie sont toujours fortement exposés à des chocs externes tels que le prix du pétrole et sa volatilité – les hydrocarbures représentant toujours environs 70% des exportations de biens et près d’un tiers des recettes du budget de l’Etat. Mais ces importantes exportations d’hydrocarbures fournissent à la Russie un excédent commercial structurel. Les indicateurs macroéconomiques sont pour leurs parts satisfaisants avec un budget à l’équilibre, une dette publique limitée et une certaine stabilité monétaire. On notera que c’est au cours de cette année que la Russie a intégré l’OMC (en août 2012), après 18 ans de négociations, permettant certainement à terme un accès favorisé à son marché.

En Afrique du sud : L’Afrique du Sud a fait son entrée au sein du club des BRIC (acronyme de BRICS depuis) en avril 2011, preuve d’un certain succès diplomatique mais mettant en avant de nombreux défis à soulever. Le taux de croissance pour 2012 est de 2,5% et l’inflation à 5,6%. En 2012, la croissance sud-africaine a donc subi de plein fouet de nombreux conflits sociaux internes (mouvements miniers) et des conflits liés à la crise en zone € (principal partenaire commercial). L’Afrique du Sud dispose de nombreuses ressources naturelles, mais manque de technologies extractives pour exploiter l’ensemble de leurs potentielles, de plus les incertitudes politiques, la corruption, les pénuries d’électricité et de mains-d’œuvre qualifiées pèsent sur le développement. On notera tout de même que les rendements obligataires ont suivi une tendance baissière en 2012, preuve d’une certaine confiance dans l’économie sud-africaine de la part des investisseurs. De plus le gouvernement a dévoilé cette année un plan de développement des infrastructures sur 15 ans afin de moderniser les routes, les ports, les services collectifs et favoriser l’exploitation de gisements charbonniers et miniers.

L’environnement économique en 2013 sera profondément différent de celui qui prévalait dans le passé. Les conditions de sortie des politiques ultra-accommodantes des banques centrales des pays développés risquent d’avoir des incidences déstabilisatrices y compris dans le monde émergent. Dans ce système financier “déformé” par des injections massives de liquidités, le véritable prix des actifs et le risque vont être difficiles à évaluer.

Copyright VYP FINANCE – Janvier 2013

Slider by webdesign